vendredi 16 décembre 2011

Le patrimoine des ménages, plus élevé qu'avant la crise

Selon l'Insee, le patrimoine des ménages français a progressé de 9% en 2010. Boosté par l'immobilier, il s'élève à 10.203 milliards d'euros, soit plus qu'en 2007.



Le patrimoine non financier des ménages atteint 7463 milliards d'euros fin 2010, soit un bond de 10,5% sur un an.
Reuters/Benoit Tessier
Le patrimoine des ménages français est-il insensible à la crise? Selon une étude publiée vendredi par l'Insee, il a bondi de 9,1% en 2010, après un léger trou d'air de deux ans. A 10.203 milliards d'euros fin 2010, il dépasse son niveau de 2007, et représente près de 80% du patrimoine économique national,

C'est essentiellement la flambée des prix de l'immobilier qui explique cette embellie. Ainsi, "le patrimoine non financier des ménages, composé essentiellement d'actifs immobiliers, se redresse sensiblement", de 10,5% après un recul de 2,5% en 2009, explique l'institut. A la fin 2010, il était de 7 463 milliards d'euros.

La croissance du patrimoine financier des ménages, elle, "fléchit mais demeure soutenue", avec une hausse de 5,5% après un bond de 10,1% en 2009. Il atteint 2 740 milliards fin 2010, avec l'assurance-vie qui reste le placement préféré des Français.

"Le bond du patrimoine est un peu fictif, car il est dû au logement qui a mieux tenu en France qu'ailleurs", souligne Christian Saint-Etienne, professeur d'économie à Paris-Dauphine. Il relève aussi qu'il s'agit de chiffres de 2010, lorsque la Bourse de Paris avait repris des couleurs après la crise financière, qui ne prennent donc pas en compte "le choc de cet été".

"Au-delà de la crise, on vit dans une période de prospérité patrimoniale"
"Mais globalement, cela confirme que la France reste un pays riche, avec un bel immobilier et de belles terres", affirme-t-il. "Au-delà de la crise, on vit dans une période historique de très grande prospérité patrimoniale", renchérit Thomas Piketty, de l'Ecole d'économie de Paris. Ce spécialiste des hauts revenus, proche du Parti socialiste, estime même qu'"il faut remonter un siècle en arrière, à la Belle époque, pour trouver un tel rapport entre les revenus et le patrimoine".

Selon les calculs de l'Insee, le patrimoine des ménages correspondait en 2010 à huit années de leur revenu disponible net. Pour Thomas Piketty, cette explosion ne peut s'expliquer seulement par la hausse du prix de la pierre. "Encore faut-il qu'il y ait des gens qui ont les moyens de soutenir les cours de l'immobilier! Les détenteurs de patrimoine se portent bien", insiste-t-il.

Du coup, ce pourfendeur de la baisse de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) y voit une raison de plus de la critiquer. "Il ne faut pas massacrer les patrimoines, mais ce n'est pas non plus le moment d'alléger les impôts sur la fortune", tonne Thomas Piketty.

L'économiste fait valoir que l'ISF rapportait, avant la réforme menée cette année par le gouvernement et dénoncée par la gauche, quelque 4 milliards d'euros par an, sur un patrimoine des ménages de plus de 10 000 milliards. "C'était déjà tout petit, et le gouvernement a quand même décidé de le diviser par deux alors qu'on traverse une crise des finances publiques et qu'il se retrouve à augmenter la TVA qui frappe tout le monde", proteste-t-il.

Christian Saint-Etienne relativise toutefois la baisse de l'ISF. "Tous les autres impôts sur le capital et sur les plus-values ont été fortement alourdis", dit-il.
(source : http://lexpansion.lexpress.fr)

Crédit agricole vend sa filiale de capital-investissement

Coller Capital, société spécialisée dans ce secteur, va reprendre 100% du capital de Crédit Agricole private equity.

Crédit Agricole SA a signé un accord de cession de sa filiale de capital-investissement CAPE à la société spécialisée dans ce secteur Coller Capital, ont annoncé les deux partenaires vendredi dans un communiqué commun. Outre 100% du capital de Crédit Agricole private equity, Coller Capital va également reprendre "la majorité des fonds gérés par CAPE et détenus par Crédit Agricole capital investment France (CACIF)", ont-ils précisé. Contacté par l'AFP, la banque n'a pas souhaité indiquer le montant de l'opération, ni celui des encours concernés.

Selon son site internet, CAPE avait 3,7 milliards d'euros d'actifs sous gestion.Cette transaction, qui reste soumise au feu vert des autorités réglementaires, devrait être finalisée au premier trimestre 2012. "Cette décision de Crédit Agricole S.A. intervient dans le cadre de l'optimisation de l'allocation de ses fonds propres et du recentrage de ses activités de private equity sur le capital investissement de proximité", relève-t-on dans ce communiqué, précisant que cette cession va permettre à la banque française d'alléger ses "encours pondérés d'environ 900 millions d'euros".

La banque assure qu'elle continuera à "soutenir les PME via les structures de capital accompagnement détenues par les Caisses régionales de Crédit Agricole" ainsi qu'avec Idia, partenaire des entreprises agroalimentaires et des agro industries du groupe Crédit Agricole, maison mère de Crédit Agricole SA. (source : lexpansion.lexpress.fr)

samedi 12 novembre 2011

La Mauritanie réclame une aide internationale pour lutter contre la famine

Le gouvernement mauritanien a lancé ce jeudi un appel à l'aide internationale pour financer un plan de secours de 112 millions d'euros. Celui-ci doit approvisionner quotidiennement 800 000 personnes en proie à la sécheresse.
Un jeune garçon à Nouakchott, capitale de la Mauritanie
REUTERS/Rafael Marchante
Le gouvernement mauritanien a lancé ce jeudi un appel à l'aide internationale pour financer un plan de secours aux populations et au bétail d'un coût de plus de 112 millions d'euros, afin de faire face à la sécheresse dans le pays, en grande partie désertique. "Nous lançons un appel, avec insistance, à nos frères et partenaires au développement pour nous aider à mettre en oeuvre et financer un plan d'urgence pour venir en aide à nos populations et leur cheptel menacés par la sécheresse", a déclaré le Premier ministre Moulaye Ould Mohamed Laghdaf au cours d'une conférence de presse.

Ce plan, appelé "Programme d'intervention espoir 2012", doit prendre en charge les besoins des personnes et des animaux pour la période de soudure qui commence en janvier prochain, soit quatre mois plus tôt que d'habitude, a-t-il indiqué. Selon lui, le gouvernement va mettre en vente des produits alimentaires de première nécessité à des prix réduits dans tout le pays, principalement dans les zones sinistrées où quelque 2387 boutiques seront ouvertes par l'Etat. Cette politique profitera à quelque 800.000 personnes qui seront approvisionnées quotidiennement en denrées alimentaires comme le riz, le blé, les huiles, les pâtes alimentaires et le sucre "qui sont les produits les plus consommés dans (le) pays".

Le plan prévoit également un volet cheptel pour lequel le gouvernement devrait acheter et mettre en vente des aliments de bétail variés subventionnés à hauteur de 50%. Ces aliments de bétail "seront vendus partout, dans les zones à haute concentration de bétail et où les pâturages ont été déficitaires", a indiqué Ould Mohamed Laghdaf. Le cheptel constitue 13% du produit national brut (PNB) en Mauritanie et occupe une très grande partie de sa main d'oeuvre, selon le Premier ministre. Le plan prévoit en outre le forage de puits dans des régions à haut potentiel fourrager mais qui sont inhospitalières en raison de l'absence d'eau pour l'abreuvage des animaux.

Selon le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU, "environ 700.000 personnes" en Mauritanie - près du quart de la population - "sont en proie à une insécurité alimentaire sévère" suite à de mauvaises récoltes.
source : http://lexpansion.lexpress.fr/afrique/la-mauritanie-reclame-une-aide-internationale-pour-lutter-contre-la-famine_270165.html

XXIIIème sommet Afrique-France Bilan de l’économie africaine : des performances insuffisantes

L’histoire de l’Afrique depuis les indépendances est jalonnée de relances ambitieuses de l’économie africaine, mais force est de constater qu’aucune d’entre elles n’a donné de résultat tangible. Sans doute, la volonté politique du G8 d’aider l’Afrique à sortir du piège de la pauvreté est-elle plus forte aujourd’hui qu’hier - encore que bien timide dans les domaines des subventions agricoles ou du réchauffement climatique, dont l’Afrique est la première victime. Cela suffira-t-il à faire la différence ? On voudrait le croire, mais le bilan de l’état actuel du continent oblige à la prudence.
Par Jean-Claude Berthélemy Professeur d’économie à l’Université de Paris 1
A l’heure où les « grands » plans pour l’Afrique redeviennent à la mode, il n’est pas inutile de faire le bilan du développement économique de la région. Les optimistes diront que ces dernières années de nombreux pays africains ont connu des performances encourageantes. Selon la Commission pour l’Afrique de Tony Blair, une vingtaine de pays ont enregistré une croissance de plus de 5 % en 2003. Mais il y a à cela des raisons conjoncturelles. La hausse des cours du pétrole et des métaux a stimulé la croissance des pays qui en sont exportateurs. Une relative stabilisation des cours agricoles a aussi joué un rôle, ceux du cacao s’étant même envolés en raison de la crise ivoirienne. De plus, 2003 a été une année de bonnes récoltes dans plusieurs zones, notamment dans la bande sahélienne. Enfin le rétablissement de la paix civile a permis un retour de la croissance dans nombre de pays, comme en République démocratique du Congo (RDC), à partir il est vrai d’un niveau dramatiquement bas. Mais parallèlement, la hausse des prix du pétrole appauvrit les pays importateurs ; l’année 2003 a été suivie par des récoltes catastrophiques en 2004 dans le Sahel, en raison de la sécheresse et de l’invasion des criquets ; d’autres crises et guerres civiles (Côte d’Ivoire, Soudan) se prolongent.
Le nombre de « locomotives » qui pourraient tirer la croissance est limité
En fait, au cours de pratiquement chacune des dix dernières années, y compris en 2004 et 2005, bon nombre de pays africains ont connu une croissance rapide. Mais, chaque année, ce sont des pays différents qui semblent s’en sortir, à peu d’exceptions près. En conséquence, seule une dizaine de pays, totalisant 100 millions d’habitants, ont maintenu pendant dix ans de bonnes performances économiques, et une douzaine (250 millions d’habitants) ont quant à eux régressé. Parmi ceux qui s’en sont bien sortis ces dix dernières années, on trouve des pays tirés par le pétrole (Angola, Guinée Equatoriale, Soudan), des pays de trop petite taille pour pouvoir changer la donne dans leurs régions respectives (Bénin, Botswana, Cap Vert, Rwanda), plus le Mali, le Mozambique et l’Ouganda. Ainsi, le nombre de « locomotives » qui pourraient tirer la croissance est-il limité. Aucun des grands pays que sont l’Afrique du Sud, l’Algérie, l’Egypte, l’Ethiopie, le Kenya, le Maroc, le Nigeria, la RDC et la Tanzanie n’a eu pour l’instant le ressort suffisant pour jouer ce rôle. Il n’est dès lors pas étonnant que l’Afrique reste à la traîne dans la poursuite des Objectifs du millénaire pour le développement. Dans un récent rapport, la Banque africaine de développement (BAD) indique que, pour l’objectif de réduction de l’extrême pauvreté et de la faim, un tiers des pays est en net retard sur les objectifs, et un autre tiers est même en nette régression. Dans le domaine de l’éducation et de la santé, les perspectives sont tout aussi peu encourageantes. Et encore cette appréciation est-elle exagérément optimiste : là où apparaît un retard de moitié par rapport aux objectifs, celui-ci est considéré par la BAD comme « léger ». De fait, l’actualité africaine est jalonnée de nouveaux drames humains tels que famines ou épidémies, qui sont autant de résultats directement imputables à l’échec du développement économique.
Vers un partenariat public-privé ?
Certes, si l’on regarde un peu plus de dix ans en arrière, des progrès relatifs ont été enregistrés, grâce aux réformes économiques, à l’amélioration de la gouvernance et, plus récemment, au renouveau de l’aide au développement. Mais les réformes avancent à pas comptés. Par exemple, si les privatisations d’entreprises du secteur concurrentiel ont été menées à bien dans beaucoup de pays, la réforme des services publics tels que ceux de l’eau, de l’électricité ou des télécommunications est lente, quand elle ne va pas à reculons. La réforme et la relance des secteurs sociaux de l’éducation et de la santé, stratégiques pour la lutte contre la pauvreté, restent également insuffisantes un peu partout.
Il est tentant de répondre que la réalisation de ces ambitions ne peut se faire sans financements nouveaux. Mais on constate que, quand les fonds commencent à être disponibles, leur utilisation bute, dans la majorité des pays, sur une insuffisante capacité d’élaboration des stratégies et de mise en œuvre des projets par les pouvoirs publics. Sans doute est-ce en partie le résultat de deux décennies perdues (de 1980 à 1999), pendant lesquelles les capacités se sont étiolées. Mais il faut aussi reconnaître que le secteur public seul, même avec davantage d’aide financière extérieure, ne peut pas faire face aux défis du développement en Afrique.
Des signes encourageants naissent de l’initiative privée, que celle-ci vienne d’entreprises ou d’organisations de la société civile. Encore faut-il parvenir à établir un véritable partenariat public-privé, qui ne peut se développer que dans un contexte de bonne gouvernance. Même si, grâce à une tendance à la démocratisation, des progrès ont été accomplis dans ce domaine, beaucoup reste à faire. Il s’agit de sujets sur lesquels les pays développés peuvent susciter des avancées substantielles, comme l’a montré le processus de Kimberley visant à moraliser le marché international du diamant ou l’Initiative de transparence dans les industries extractives, lancée par Tony Blair en 2003, et à laquelle ont adhéré plusieurs pays africains. Des initiatives africaines, comme le processus de revue par les pairs du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (Nepad), peuvent aussi y contribuer.
Jean-Claude Berthélemy

Nouveau plan de rigueur : quel impact pour vos placements


Les placements financiers n'échappent pas au nouveau plan de rigueur. Pour la troisième fois du quinquennat, le gouvernement a décidé d'augmenter le prélèvement forfaitaire libératoire (PFL), qui devrait passer, si le projet est voté en l'état, de 19 % actuellement à 24 % au 1 er janvier 2012. Avec les prélèvements sociaux à 13,5 %, cela porte la taxation globale de 32,5 % à 37,5 %. Ce taux ne s'applique cependant pas systématiquement.
Les épargnants disposent généralement d'un choix et peuvent soumettre leurs gains soit à ce PFL, soit à l'impôt sur le revenu (IR) - dans ce cas, les prélèvements sociaux sont également à ajouter et dus. Plusieurs catégories de placements sont impactés.
Les dividendes

Il s'agit du revenu régulier, généralement connu d'avance, que versent les sociétés à leurs actionnaires. La plupart d'entre eux ont actuellement tout intérêt à opter pour l'imposition de ces dividendes à l'impôt sur le revenu. En plus des taux parfois plus cléments, ils bénéficient d'abattements qui minorent encore la note (40 % sur les dividendes, 1.525 euros pour un célibataire ou 3.050 euros pour un couple et déductibilité de 5,8 % de CSG déjà versés). « Par le jeu de ces réductions, la facture est actuellement systématiquement moins salée pour les contribuables des trois premières tranches (5,5 %, 14 % et 30 %) et pour ceux de la dernière à 41 %, quand leurs dividendes ne dépassent pas 19.406 euros pour un célibataire et 38.811 euros pour un couple », explique Gilles Etienne, directeur du pôle expertise patrimoniale chez Cyrus Conseil. Pour toutes ces personnes, rien ne change : ils ne sont pas concernés par l'augmentation du taux du PFL, puisqu'ils utilisent a priori l'impôt sur le revenu.
Pour ceux imposés 41 % en revanche et dont les dividendes dépassent les seuils ci-dessus, le PFL n'aura, compte tenu de la hausse de son taux à 24 %, plus aucun intérêt en 2012, l'impôt sur le revenu étant dans tous les cas plus avantageux (mais aussi plus lourd qu'avec l'actuel PFL à 19 % !). En résumé, plus personne n'aura intérêt à utiliser le PFL l'an prochain pour l'imposition de ses dividendes et les plus fortunés paieront davantage à l'IR, que ce qu'ils acquittaient cette année avec le PFL à 19 % (tableau ci-dessus).
Bon à savoir

L'option pour l'impôt sur le revenu ou le PFL se fait une fois l'an pour tous les dividendes encaissés dans l'année. Aussi, si vous aviez l'habitude d'opter pour le PFL, n'oubliez pas, l'an prochain, de changer votre fusil d'épaule. Par ailleurs, les détenteurs de compte titres ont intérêt à basculer les valeurs qui offrent un dividende dans un PEA (plan d'épargne en actions). Cela n'est possible que pour certains titres, notamment de sociétés européennes. Les dividendes ne seront alors taxés qu'à 19 % au-delà de deux ans de détention et exonérés au-delà de cinq ans. Les plus-values y seront également beaucoup mieux traitées : 19 % dans le compte titres, mais 0 % dans un PEA de plus de cinq ans. Cela suppose cependant de vendre ses titres et de les racheter dans le cadre d'un PEA. Attention aux plus-values dégagées au cours de l'opération, qui sont taxables, sauf si vous détenez un stock de moins-values suffisant pour les éponger (celles des dix dernières années).
Les autres placements concernés

Le gouvernement souligne aussi « que la fiscalité des intérêts est portée de 19 % à 24 % ». La liste précise de ces placements sera donnée au moment du dépôt du projet de loi la semaine prochaine. Sont a priori concernés tous les placements dits à « revenus fixes » qui autorisent l'option pour le PFL : les comptes et livrets bancaires (hors livrets réglementés comme le Livret A, le LDD, le LEP...), les plan et compte épargne logement, les comptes à terme, etc. - les plus-values mobilières (issues des cessions d'actions ou sicav ou FCP notamment) et immobilières ne sont pas concernées et restent imposées à 19 %. Pour tous les placements visés par la hausse, les épargnants ont également le choix entre l'imposition au titre des revenus ou au PFL. Ici, à la différence des dividendes, aucun abattement n'est accordé en cas d'option pour l'impôt sur le revenu. Toutes les personnes imposées aux tranches de 5,5 % et de 14 % ont donc intérêt à privilégier l'impôt sur le revenu, les autres (tranches à 30 % et 41 %) le PLF, même majoré à 24 %.
Bon à savoir

Les placements concernés par la hausse du PFL sont des produits à court terme et permettent surtout de gérer sa trésorerie. « Avec la hausse du taux du PFL l'an prochain, les plus fortunés ont intérêt à utiliser l'assurance-vie pour leur épargne de court terme », conseille Marie Perardelle, directeur de l'ingénierie patrimoniale du groupe Primonial. Les taux du prélèvement sont de 15 % en cas de retrait après quatre ans et de 7,5 % après huit ans, soit bien plus avantageux que les 24 % applicables l'an prochain sur les comptes ou autres livrets. Les contrats d'assurance-vie actuels autorisent généralement les entrées et sorties librement et sans frais. Cela, bien sûr, à condition d'avoir préalablement rempli ses livrets exonérés (Livrets A, etc., lire ci-contre) jusqu'aux plafonds autorisés.
MIREILLE WEINBERG

Standard and Poor's annonce par erreur la dégradation de la note de la France

L'Autorité des marchés financiers a annoncé jeudi 10 novembre l'ouverture d'une enquête sur l'information erronée diffusée dans la journée par l'agence de notation Standard and Poor's au sujet d'une prétendue dégradation de la note souveraine française. Paris avait demandé plus tôt à l'AMF et à l'Autorité de supervision financière européenne de se saisir de l'affaire.
L'agence de notation financière Standard and Poor's (S&P) a en effet reconnu avoir diffusé par erreur à certains de ses abonnés un "message" annonçant que la note de la France avait été abaissée, au risque d'attiser la nervosité extrême des marchés face à la contagion de la crise de la dette en Europe. "Ce n'est pas le cas : la note de la République française est inchangée à 'AAA', assortie d'une perspective stable, et cet incident n'est pas lié à une quelconque activité de surveillance de la note", indique le communiqué de l'agence.
Le ministre français des finances, François Baroin, avait qualifié de "rumeur assez choquante ces informations qui ne correspondent à aucun fondement". "On ne laissera aucun message négatif passer. On a une stratégie, on a un rendez-vous en matière de déficits qui est fixé. On ne variera pas d'un iota", a-t-il déclaré jeudi à Lyon en marge d'une conférence sur l'économie.

Vendredi 11 novembre, le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier a, lui, parlé d'"incident grave". Cela "montre que dans la situation extrêmement volatile et tendue des marchés actuellement, les acteurs de ces marchés doivent faire la preuve d'une rigueur et d'un sens particulier de la responsabilité", a-t-il rappelé.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, parle lui d'"un festival". "Si les agences de notation (...) se trouvent dans cette situation d'imprécision et de non professionnalisme c'est assez désolant", a-t-il ajouté sur l'antenne d'I-Télé.

LA PREMIÈRE ALERTE DE MOODY'S
Cette erreur, sur laquelle l'agence de notation a promis de faire la lumière, intervient alors que l'écart entre le taux des obligations à dix ans de l'Allemagne et de la France sur le marché de la dette a atteint un nouveau record historique jeudi, au-delà des 170 points de base. Cet écart reflète la différence de traitement par les investisseurs entre les deux pays, pourtant l'un et l'autre notés triple A par les agences.

Mi-octobre, l'agence Moody's avait donné un premier coup de canif au triple A de la France, en annonçant qu'elle se donnait trois mois pour déterminer si la perspective "stable" de la note était toujours justifiée, au vu de la dégradation de la situation économique. Cette annonce a joué un rôle dans la décision du gouvernement français d'annoncer lundi un nouveau plan d'austérité, qui prévoit des économies de 7 milliards d'euros en 2012. Ce programme d'austérité est venu s'ajouter à un précédent train de mesures fin août censées rapporter 12 milliards de recettes supplémentaires en 2011 et 2012.

La France bénéficie actuellement de la meilleure note possible de la part des trois agences de notation que sont Moody's, Standard & Poor's et Fitch Ratings. Cela lui permet d'emprunter sur les marchés dans des conditions théoriquement très favorables. Les agences de notation, qui évaluent pour les investisseurs la capacité des Etats ou des entreprises à honorer leur dette, sont accusées de dicter leur loi aux gouvernements de la zone euro, qui multiplient les gages de bonne volonté à l'égard des marchés pour ne pas mettre en péril le financement de leur dette.

La CGT craint que "France Soir" ne devienne un organe du FN

Le syndicat Info'Com CGT de France Soir redoute que le quotidien fondé par Pierre Lazareff devienne un organe de propagande du Front national, après que son propriétaire russe a annoncé qu'il voterait pour Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2012.
Interrogé sur ses intentions de vote dans l'édition Médiasphère de LCI, vendredi 11 novembre, Alexandre Pugachev, qui a la nationalité française, a déclaré dans un français approximatif : "Je tente vers Marine Le Pen." Alors que le journaliste lui demande s'il parle sérieusement, l'homme d'affaires répond : "Il y a 20 % quand même des intentions de vote pour elle." "Il n'y a pas beaucoup qui se déclarent [publiquement en sa faveur] mais je ne vois pas pourquoi, c'est pas une fasciste", ajoute-t-il.

"UNE LIGNE ÉDITORIALE POPULISTE NAUSÉABONDE"

Dans un communiqué, le syndicat Info'Com CGT de France Soir estime que le "faux-nez du projet Pougachev vient de tomber". "Pour le milliardaire, le repreneur idéologique de France Soir, c'est le Front national !", écrit le syndicat, dénonçant une "nouvelle dérive" après la publication de communiqués validant "les déviations d'une ligne éditoriale populiste nauséabonde", selon lui.

"Jamais le Comité Inter CGT et Info'Com CGT ne pourront accepter que France Soir devienne un nouveau canal des thèses de l'extrême droite", met en garde le syndicat.

Réagissant à cette confidence, la Société des journalistes (SDJ) de France Soir a également exprimé sa "vive consternation" dans un communiqué. "Qu'il vote pour la candidate Front national lors de la présidentielle ne regarde que lui ; qu'il l'affirme, publiquement et ès qualité, engage, malgré eux, tous les salariés de l'entreprise qu'il préside et ses journalistes en particulier", ajoute la SDJ, qui "souligne sa volonté de préserver une forme de neutralité et d'équilibre politiques".

Selon Renaud Revel, journaliste de L'Express spécialisé dans les médias, M. Pougachev aurait notamment proposé une série de couvertures sur l'immigration en 2010.

INQUIÉTUDE SUR L'AVENIR DU QUOTIDIEN

Les salariés de France Soir et leurs soutiens ont manifesté jeudi devant le ministère de la culture et de la communication à Paris pour exprimer leur inquiétude sur l'avenir du quotidien.

Le journal a été placé sous protection de la justice (clause de sauvegarde) en août et M. Pougachev a annoncé en octobre qu'il envisageait l'arrêt de l'édition papier pour faire un journal gratuit sur Internet, en supprimant 89 emplois sur 127. L'arrêt de l'édition papier est théoriquement prévue mi-décembre et la fin de la procédure de sauvegarde juste avant Noël.

France Soir, qui vendait plus d'un million d'exemplaires dans les années 1960 quand il était le titre phare de la presse quotidienne française, deviendrait ainsi le premier quotidien national en France à quitter le support papier.

M. Pugachev, fils d'un milliardaire russe, a expliqué sa décision par l'impossibilité de redresser les comptes du journal, qui devrait perdre encore 19 millions d'euros cette année. France Soir, qui vend en moyenne 70 000 exemplaires par jour, visait selon sa direction 100 000 exemplaires pour devenir rentable.

LA CGT EN APPELLE AU GOUVERNEMENT

Vendredi, il s'est dit aussi prêt à vendre France Soir pour un euro symbolique si le repreneur s'engage à faire vivre le journal sur le papier et à en payer les dettes, soit 3 millions d'euros, selon lui.

De son côté, Christiane Vulvert, ancienne directrice générale du journal, a proposé une reprise du titre, moyennant un apurement des dettes et du passif, une participation du vendeur aux pertes de la première année et la suppression d'une trentaine de postes.

Le syndicat Info'Com CGT de France Soir en appelle au gouvernement et en particulier au ministre de la culture, Frédéric Mitterrand, qui s'est engagé jeudi à soutenir tout projet qui s'articulerait autour du papier et du Web, et non sur le seul Web. "Les aides à la presse peuvent-elles aider au développement des idées nauséabondes du Front national ?", demande-t-il.

Des personnalités de la presse et des élus ont apporté leur soutien au quotidien, à l'image des députés Marie-George Buffet (PCF), Claude Bartolone (PS), Noël Mamère (EE-LV), Jack Lang (PS) et Christian Estrosi (UMP).