vendredi 16 décembre 2011
Le Mali demande un nouveau prêt au FMI
Le Fonds monétaire international a indiqué mardi que le Mali lui avait demandé un nouveau prêt, après l'expiration d'un autre accordé en 2008.
"Les autorités maliennes ont demandé un nouvel accord auquel de conseil d'administration a exprimé son soutien", a indiqué à l'AFP un porte-parole de l'institution dans un communiqué.
Ce porte-parole a ajouté que le prêt serait examiné "dans les jours à venir", sans préciser son montant ni la durée sur laquelle il serait versé.
Le conseil d'administration du FMI a donné lundi son feu vert à un versement final de 9,3 millions de dollars, portant à 82,1 millions de dollars le total des montants déboursés dans le cadre d'un prêt accordé en mai 2008.
Il avait souligné que les perspectives économiques pour le Mali étaient "positives, quoique soumises à des risques". Sa dernière prévision économique, datant de septembre, est de 5,5% de croissance en 2012, après 5,3% en 2011.
Source : Jeune Afrique
Vers une nouvelle dévaluation du franc CFA le 1er janvier 2012 ?
L’information fait le tour de la planète. A en croire les confrères d’Abidjan.net les pays membres de la zone CFA n’ont pas fini de souffrir. Cette fois, c’est le noir qu’ils vont commencer à broyer. Si rien ne vient entre temps changer la donne, dès le 1er janvier 2012, le FCFA sera dévalué à nouveau. La parité fixe qui jusque-là était de 1 euro=655,59 FCFA, passera à 1 euro=1000FCFA.
Nos confrères d’Abidjan.net cite un diplomate europée qui indique que « c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramne Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy ».
«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.
Pourquoi une nouvelle devalution du franc CFA ?
Pour ces analystes « cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. »
De l’avis de certains economistes africains « si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone ».
Les enjeux pour la France ?
Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, note les confrères , la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français indique t-on.
De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.
Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines regrette nos confrères d’Abidjan.net
Nigerexpress.info
Nos confrères d’Abidjan.net cite un diplomate europée qui indique que « c’est pour apporter cette information aux chefs d’Etat de l’Uemoa qu’Alassane Dramne Ouattara a fait le tour de la sous-région la semaine dernière. Il a été mandaté, selon le diplomate, par le président français Nicolas Sarkozy ».
«En Afrique centrale, c’est à Denis Sassou Nguesso que la mission a été confiée d’informer ses homologues de la CEMAC mais aussi des Comores», ajoute notre source. Le diplomate assure que Sarkozy, compte tenu des problèmes que le Président sénégalais rencontre actuellement et surtout à cause de sa grande susceptibilité, a tenu à parler personnellement à Abdoulaye Wade lequel devrait informer son petit voisin Bissau-guinéen.
Pourquoi une nouvelle devalution du franc CFA ?
Pour ces analystes « cette mesure de dévaluation du FCFA est venue de la grave crise que traverse en ce moment l’Europe de l’euro et que seule, l’Allemagne supporte à travers ses caisses. C’est donc la Chancelière allemande, Angela Merkel, qui, selon nos sources, a demandé à son homologue français, Nicolas Sarkozy, de mettre de l’ordre dans les ex-colonies françaises avant qu’il ne soit tard. »
De l’avis de certains economistes africains « si l’on regarde bien le schéma, il ne s’agit pas, à travers cette mise en garde de Mme Merkel, de sauver les économies des pays de la zone FCFA. Il s’agit bien d’aider la France à éviter de sombrer, ce qui pourrait plomber la zone euro, l’Allemagne ne pouvant plus à elle seule financer les déficits de cette zone ».
Les enjeux pour la France ?
Au travers de la guerre militaire qu’elle a menée ouvertement en Côte d’Ivoire pour renverser Laurent Gbagbo, note les confrères , la France a réussi à mettre sous l’éteignoir, tous les nationalistes et autres souverainistes dont le fondement de la politique est de redonner à l’Afrique, toute sa dignité. Laquelle devrait lui permettre de diversifier ses relations commerciales et politiques avec le reste du monde et non plus seulement avec l’ancienne puissance coloniale. Le cas de la Côte d’Ivoire est édifiant à cet égard. Aujourd’hui, tout semble dire que les accords de 1961, lendemain des indépendances, ont été réveillés. Les sociétés françaises ont récupéré tous les marchés. Bouygues est présent partout et il ne serait pas surprenant que, pour acheter désormais sur le marché mondial, l’Etat de Côte d’Ivoire passe forcément par l’Etat français. En d’autres termes, c’est en France que nous allons désormais acheter tout. Et comme tout cela se fait en devise (euro), nous allons dépenser beaucoup de CFA pour obtenir peu de produits. Ce qui arrangerait vraiment la France si l’on tient compte de l’ensemble des pays de la zone CFA qui vont acheter sur le marché français ou qui vont être obligés de faire transiter leurs marchandises par les ports et aéroports français indique t-on.
De l’avis d’un expert, les pays africains vont contribuer, avec cette mesure, pour 40% de leurs avoirs, au colmatage du déficit français.
Comme en janvier 1994, lors de la première dévaluation, les pays africains qui font la manche recevront encore beaucoup d’argent des pays européens. Puisqu’il leur suffit de dégager 1 million d’euro pour que cela se transforme en 1milliard de FCFA. La dévaluation ne peut nous servir que si nous exportons beaucoup. Tout le monde le sait. Tous les pays de l’espace francophone importent presque tout : produits manufacturés, riz, bois, poisson etc. A partir du mois de janvier 2012, c’est maintenant 1000 fcfa pour un euro. Et on n’y pourra rien. Malheur aux pauvres populations africaines regrette nos confrères d’Abidjan.net
Nigerexpress.info
L'Afrique profite-t-elle des fonds d'investissement?
Au-delà de la nécessaire rentabilité, les fonds d'investissements mobilisent des investissements additionnels et participent au développement des économies locales. À ces impacts quantitatifs tangibles, s'ajoutent des effets qualitatifs dont les mesures encore peu affinées représentent un enjeu pour faire du capital-investissement un outil contribuant au développement de l'Afrique.
Les critiques sur le capital-investissement ou sur les fonds d'investissement sont récurrentes : ce mode de financement ne serait orienté que vers la recherche de profit à court terme des investisseurs aux dépens des entrepreneurs. Les fonds d'investissement seraient ainsi une source d'instabilité pour les entreprises et une source d'évasion fiscale, les fonds étant adeptes des centres offshore.
Ce n'est pourtant pas un hasard si le capital-investissement et l'investissement dans des fonds font partie intégrante de la palette des outils des institutions financières de développement. Elles y voient un moyen de multiplier la portée de leurs financements en soutenant indirectement un grand nombre d'entreprises et un moyen d'influer sur la gouvernance et la stratégie des entreprises. Au-delà d'un simple instrument de financement, les fonds peuvent contribuer au développement d'un tissu économique local pérenne et accompagner la transition vers des modèles inclusifs et durables.
Au regard du portefeuille de fonds de Proparco en Afrique subsaharienne, il est possible de quantifier ces impacts et de donner des pistes pour les maximiser.
La condition nécessaire de la rentabilité
La rentabilité est une des conditions sine qua non du développement du capital-investissement en Afrique. Son faible niveau supposé a longtemps freiné cette activité, qui émerge depuis quelques années. Le débat n'est plus là. Longtemps porté par les institutions financières de développement, le capital-investissement africain n'a plus à rougir de la comparaison.
Les auteurs
Jeanne Hénin
Jeanne Hénin a rejoint Proparco en 2010 au sein de l'unité Environnement, social et impact. Elle travaille sur l'évaluation et la mesure des impacts sur le développement des projets. Diplômée de l'EDHEC, elle a auparavant travaillé deux années à la mise en oeuvre de projets d'insertion professionnelle au Cambodge puis cinq ans au cabinet Ernst & Young. Au sein du département du développement durable, elle a notamment développé l'évaluation et l'accompagnement des performances sociales et sociétales d'entreprises implantées dans les pays en développement.
Aglaé Touchard
Après cinq ans d'expérience en banques d'affaires (Rothschild & Cie) et en conseil en stratégie (LEK Consulting), Aglaé Touchard a rejoint le groupe AFD en 2006. D'abord intégrée à la division des risques, elle réalise depuis trois ans des investissements en capital au sein de la division Fonds propres et participations de PROPARCO, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, de l'École supérieure de commerce de Paris et de l'université Paris IX-Dauphine, elle enseigne à Sciences Po depuis 2006.
Les mesures de rendement des fonds demeurent particulièrement difficiles à obtenir sur l'Afrique subsaharienne, les analystes calculant ces indicateurs sur les zones développées ne couvrant malheureusement pas encore ce territoire. Que nous montre l'examen du portefeuille de trois institutions financières de développement historiquement présentes en Afrique subsaharienne, la CDC britannique, le FMO néerlandais et Proparco ? Que les taux de rendement internes globaux (TRI réalisés et latents), calculés sur les fonds en Afrique subsaharienne sont de bons niveaux : entre 14 et 23 %1. Une rentabilité en moyenne meilleure que celles constatées en France : le TRI net à fin 2010 calculé par l'Association française des investisseurs en capital2 est de 9,1 % (AFIC/Ernst & Young, 2011). Depuis 2004, les TRI reportés par l'AFIC en France varient entre 8,3 et 14,7 %.
Le multiple moyen3, autre indicateur de rentabilité, tiré du portefeuille de Proparco en Afrique subsaharienne, affiche 1,8x sur les fonds en phase de gestion ou de désinvestissement. Un multiple plus élevé que celui calculé sur les autres zones d'intervention de Proparco (Asie - 1,5x et MENA - 1,2x). Si la création de valeur à terme est plus importante en Afrique subsaharienne, la durée de détention des participations est plus longue qu'ailleurs, en raison notamment de la moindre liquidité des marchés africains comparées par exemple à la zone asiatique (Figure 1).
Cette rentabilité avérée attire progressivement un nombre croissant d'investisseurs privés et locaux. La Development Bank of Southern Africa (DBSA) a ainsi observé que la part des institutions financières de développement dans les fonds qu'elle finance est passée de 54 % entre 1995 et 2000 à 36 % entre 2005 et 2009 (Mamba, 2010).
Parallèlement, la DBSA constate l'augmentation de la part des investisseurs locaux dans les fonds dans lesquels elle a investi, celle-ci passant de 30 % entre 1995 à 2000 à 52 % entre 2005 et 2009. Cette évolution est un bon signe. L'Afrique y gagne une meilleure image, une meilleure attractivité et donc davantage de capitaux pour ses entreprises.
L'impact économique et financier
Un des rôles clefs des fonds d'investissement réside dans leur capacité à entraîner dans leur sillage une grande variété d'investisseurs cherchant à diversifier leur risque. Les institutions financières de développement ou les sponsors peuvent ainsi jouer un rôle catalytique en mobilisant des sources de capital additionnelles, notamment auprès d'investisseurs étrangers. À titre d'exemple, la CDC a mesuré que pour une livre sterling investie dans un fonds, une livre sterling est investie par d'autres institutions financières de développement et 2,70 livres sterling de capital par des investisseurs privés, soit au total 4,70 livres sterling (CDC, 2010).
Malgré le développement constant des marchés financiers locaux, l'accès au financement reste un enjeu important pour les entreprises, notamment aux capitaux propres qui sont un élément clef pour assurer leur croissance.
L'impact "quantitatif" sur le développement local
Par ailleurs, le capital-investissement contribue également au développement des économies locales. Pour en mesurer les effets, Proparco a enrichi le suivi des fonds d'un reporting systématique des résultats des entreprises de leur portefeuille. Comment ? Par des indicateurs quantitatifs portant sur des thématiques extra-financières. Il en ressort que les 229 entreprises financées par les fonds en portefeuille de Proparco ont contribué à créer ou maintenir plus de 50 000 emplois. Des emplois formels qui mobilisent une main-d'oeuvre qualifiée et non qualifiée. Ces mêmes entreprises ont connu une croissance annuelle moyenne du nombre d'employés de 11 %.
En termes d'activité, la croissance moyenne annuelle du chiffre d'affaires atteint 16,5 %, celle de l'EBIT4 12 %. Les entreprises enregistrent des évolutions contrastées, selon leur stade de développement, le pays, leur taille et le secteur sur lequel elles interviennent. Un développement plus important du chiffre d'affaires est ainsi constaté sur les pays d'Afrique de l'Est.
Cette double augmentation de la masse salariale et de l'activité apporte aussi une plus forte contribution aux recettes de l'État. Les 87 entreprises de l'échantillon ayant renseigné cette information ont versé aux États dans lesquels elles sont implantées plus de 230 millions d'euros pour le dernier exercice.
La comparaison avec d'autres zones géographiques, telle que la France, met en avant un impact plus important du capital-investissement en Afrique subsaharienne qu'en Europe, où les entreprises ont davantage souffert de la crise5. D'autre part, la valeur ajoutée d'une équipe de gestion en Afrique subsaharienne intervient à la fois au niveau de la croissance des revenus et de l'amélioration de la profitabilité de la société. Dans les marchés plus mûrs, comme la France, elle est davantage orientée vers le levier financier ou la négociation sur le prix d'achat/sortie.
Une valeur ajoutée "qualitative" des équipes de gestion
Au-delà de ces bénéfices "quantitatifs" sur le développement économique local, le capital-investissement offre un véritable levier de transformation de l'entreprise. Les équipes de gestion peuvent, en tant qu'actionnaires, insuffler des bonnes pratiques de gestion, des règles de bonne gouvernance, une organisation plus adaptée, un reporting plus transparent ou une meilleure efficacité des ressources humaines. Cette valeur ajoutée est particulièrement marquée en Afrique subsaharienne, où les entreprises sont encore très souvent dans l'informel ou reposent souvent sur des structures familiales. Certaines équipes de gestion mettent en place un reporting spécifique dédié à l'amélioration de la gouvernance : augmentation des entreprises auditées par un commissaire aux comptes, existence de comités de suivi de l'activité, d'indicateurs de performance, de suivi des budgets... Cet impact est d'autant plus important lorsque l'investisseur est en position majoritaire, ou lorsqu'il intervient auprès d'une start-up, encore peu structurée. L'investisseur peut alors favoriser le développement de l'entreprise en proposant, par exemple, des managers clefs grâce à son réseau.
Grâce à la présence des institutions financières de développement de plus en plus d'investissement sont également des vecteurs d'amélioration des pratiques environnementales et sociales (E&S). Les équipes de gestion évaluent avant d'investir la performance et les pratiques en termes de management environemental et social et proposent des plans d'actions afin que l'entreprise se mette progressivement en conformité au regard des standards nationaux ou internationaux. Les améliorations sont autant de leviers de performance agissant sur d'autres domaines : obtenir une certification peut, par exemple, ouvrir de nouveaux marchés ; réduire des consommations énergétiques peut induire une réduction des charges.
Comment maximiser les impacts du capital-investissement ?
La condition pour que le capital-investissement contribue davantage au développement du continent africain réside aussi dans la constitution et la consolidation d'équipes de gestion de "qualité". C'est-à-dire à même de structurer et accompagner les entreprises, mais aussi qui intègrent le critère de développement comme objectif du fonds.
Une "bonne" équipe de gestion doit disposer de compétences "opérationnelles". La création de valeur en Afrique subsaharienne se réalise essentiellement par le levier de la croissance, contrairement aux marchés européens où elle s'appuie beaucoup sur le levier de l'endettement et la rationalisation des coûts. Dès lors, les capacités opérationnelles du gestionnaire de fonds revêtent une importance particulière par rapport à des compétences bancaires de syndication davantage recherchées sur des marchés plus matures. La présence locale des gestionnaires de fonds, en Afrique subsaharienne plus qu'ailleurs, constitue un élément clef de succès, tant les réseaux informels sont importants. Enfin, la capacité à nouer des partenariats, avec les investisseurs, les entrepreneurs et les autres parties prenantes revêt son importance.
Une équipe de "qualité", c'est aussi une équipe capable d'accompagner l'amélioration de la performance E&S et de la gouvernance de l'entreprise. Certains fonds mettent ainsi à disposition des entreprises, des enveloppes d'assistance technique (AT) pour renforcer certains aspects de leur gestion ou de leur organisation. Parmi les entreprises du portefeuille de Proparco interrogées, 43 % déclare être évaluée avant investissement, sur leur conformité aux standards environnementaux et sociaux internationaux. Toutes déclarent recevoir un appui pour l'amélioration de leur performance E&S.
Piloté au même titre qu'un indicateur financier, la contribution au développement local doit être au coeur des objectifs visés. Il convient de définir des objectifs précis, de développer les outils de mesures, et d'évaluer de façon transparente par un standard de reporting ou un évaluateur externe l'atteinte de ces objectifs. La gouvernance doit également être structurée pour servir ces objectifs.
Les exemples se multiplient. Ainsi l'Africa health fund, qui vise à développer une offre de santé abordable et de qualité en faveur des populations à faibles revenus en Afrique subsaharienne, a lié la rémunération des managers du fonds à l'atteinte de cet objectif. Cette gouvernance a été appuyée par une évaluation externe des cibles de populations touchées par les entreprises.
La mesure de la contribution au développement local est devenue un des enjeux clefs pour materialiser et augmenter les effets du capital-investissement en Afrique subsaharienne. Mais le reporting d'indicateurs montre ses limites. Il ne permet pas à lui seul de prendre en compte l'ampleur de tout un ensemble de données qualitatives, telles que le type d'entreprise, leur niveau de maturation (start-up, développement...), la qualité de l'emploi, l'intégration des populations exclues des opportunités économiques, ou encore les secteurs touchés (par exemple les secteurs sociaux).
Par ailleurs, il n'existe pas encore d'outils standardisés pour mesurer ces résultats, qui puissent être reportés de façon homogène par les équipes de gestion. Ainsi l'un des premiers chantiers mené par le Global Impact Investing Network6, à travers l'initiative Impact Reporting And Investment Standards, consiste à définir un standard de mesure de l'impact social d'un investissement pour les investisseurs.
Loin des idées reçues, les fonds d'investissement peuvent être des vecteurs importants de développement dans des pays à bas revenus. L'impact sur le développement n'est en rien antinomique de la rentabilité financière. Au contraire, la rentabilité permet d'en assurer la pérennité et donc d'en maximiser la portée mais également d'autoriser l'arrivée de nouveaux investisseurs. Les institutions de développement ont, plus que jamais, un rôle à jouer : promouvoir des démarches environnementales et sociales et favoriser une croissance durable et inclusive. Elles se doivent également de tenir la fonction de déclencheur pour couvrir les secteurs et pays délaissés par les investisseurs, parfois par méconnaissance d'une zone, perçue encore trop souvent comme risquée.
Source: Jeanne Hénin et Aglaé Touchard - publié le 21/11/2011 à 16:26
Les critiques sur le capital-investissement ou sur les fonds d'investissement sont récurrentes : ce mode de financement ne serait orienté que vers la recherche de profit à court terme des investisseurs aux dépens des entrepreneurs. Les fonds d'investissement seraient ainsi une source d'instabilité pour les entreprises et une source d'évasion fiscale, les fonds étant adeptes des centres offshore.
Ce n'est pourtant pas un hasard si le capital-investissement et l'investissement dans des fonds font partie intégrante de la palette des outils des institutions financières de développement. Elles y voient un moyen de multiplier la portée de leurs financements en soutenant indirectement un grand nombre d'entreprises et un moyen d'influer sur la gouvernance et la stratégie des entreprises. Au-delà d'un simple instrument de financement, les fonds peuvent contribuer au développement d'un tissu économique local pérenne et accompagner la transition vers des modèles inclusifs et durables.
Au regard du portefeuille de fonds de Proparco en Afrique subsaharienne, il est possible de quantifier ces impacts et de donner des pistes pour les maximiser.
La condition nécessaire de la rentabilité
La rentabilité est une des conditions sine qua non du développement du capital-investissement en Afrique. Son faible niveau supposé a longtemps freiné cette activité, qui émerge depuis quelques années. Le débat n'est plus là. Longtemps porté par les institutions financières de développement, le capital-investissement africain n'a plus à rougir de la comparaison.
Les auteurs
Jeanne Hénin
Jeanne Hénin a rejoint Proparco en 2010 au sein de l'unité Environnement, social et impact. Elle travaille sur l'évaluation et la mesure des impacts sur le développement des projets. Diplômée de l'EDHEC, elle a auparavant travaillé deux années à la mise en oeuvre de projets d'insertion professionnelle au Cambodge puis cinq ans au cabinet Ernst & Young. Au sein du département du développement durable, elle a notamment développé l'évaluation et l'accompagnement des performances sociales et sociétales d'entreprises implantées dans les pays en développement.
Aglaé Touchard
Après cinq ans d'expérience en banques d'affaires (Rothschild & Cie) et en conseil en stratégie (LEK Consulting), Aglaé Touchard a rejoint le groupe AFD en 2006. D'abord intégrée à la division des risques, elle réalise depuis trois ans des investissements en capital au sein de la division Fonds propres et participations de PROPARCO, notamment dans le secteur des énergies renouvelables. Diplômée de l'Institut d'études politiques de Paris, de l'École supérieure de commerce de Paris et de l'université Paris IX-Dauphine, elle enseigne à Sciences Po depuis 2006.
Les mesures de rendement des fonds demeurent particulièrement difficiles à obtenir sur l'Afrique subsaharienne, les analystes calculant ces indicateurs sur les zones développées ne couvrant malheureusement pas encore ce territoire. Que nous montre l'examen du portefeuille de trois institutions financières de développement historiquement présentes en Afrique subsaharienne, la CDC britannique, le FMO néerlandais et Proparco ? Que les taux de rendement internes globaux (TRI réalisés et latents), calculés sur les fonds en Afrique subsaharienne sont de bons niveaux : entre 14 et 23 %1. Une rentabilité en moyenne meilleure que celles constatées en France : le TRI net à fin 2010 calculé par l'Association française des investisseurs en capital2 est de 9,1 % (AFIC/Ernst & Young, 2011). Depuis 2004, les TRI reportés par l'AFIC en France varient entre 8,3 et 14,7 %.
Le multiple moyen3, autre indicateur de rentabilité, tiré du portefeuille de Proparco en Afrique subsaharienne, affiche 1,8x sur les fonds en phase de gestion ou de désinvestissement. Un multiple plus élevé que celui calculé sur les autres zones d'intervention de Proparco (Asie - 1,5x et MENA - 1,2x). Si la création de valeur à terme est plus importante en Afrique subsaharienne, la durée de détention des participations est plus longue qu'ailleurs, en raison notamment de la moindre liquidité des marchés africains comparées par exemple à la zone asiatique (Figure 1).
Cette rentabilité avérée attire progressivement un nombre croissant d'investisseurs privés et locaux. La Development Bank of Southern Africa (DBSA) a ainsi observé que la part des institutions financières de développement dans les fonds qu'elle finance est passée de 54 % entre 1995 et 2000 à 36 % entre 2005 et 2009 (Mamba, 2010).
Parallèlement, la DBSA constate l'augmentation de la part des investisseurs locaux dans les fonds dans lesquels elle a investi, celle-ci passant de 30 % entre 1995 à 2000 à 52 % entre 2005 et 2009. Cette évolution est un bon signe. L'Afrique y gagne une meilleure image, une meilleure attractivité et donc davantage de capitaux pour ses entreprises.
L'impact économique et financier
Un des rôles clefs des fonds d'investissement réside dans leur capacité à entraîner dans leur sillage une grande variété d'investisseurs cherchant à diversifier leur risque. Les institutions financières de développement ou les sponsors peuvent ainsi jouer un rôle catalytique en mobilisant des sources de capital additionnelles, notamment auprès d'investisseurs étrangers. À titre d'exemple, la CDC a mesuré que pour une livre sterling investie dans un fonds, une livre sterling est investie par d'autres institutions financières de développement et 2,70 livres sterling de capital par des investisseurs privés, soit au total 4,70 livres sterling (CDC, 2010).
Malgré le développement constant des marchés financiers locaux, l'accès au financement reste un enjeu important pour les entreprises, notamment aux capitaux propres qui sont un élément clef pour assurer leur croissance.
L'impact "quantitatif" sur le développement local
Par ailleurs, le capital-investissement contribue également au développement des économies locales. Pour en mesurer les effets, Proparco a enrichi le suivi des fonds d'un reporting systématique des résultats des entreprises de leur portefeuille. Comment ? Par des indicateurs quantitatifs portant sur des thématiques extra-financières. Il en ressort que les 229 entreprises financées par les fonds en portefeuille de Proparco ont contribué à créer ou maintenir plus de 50 000 emplois. Des emplois formels qui mobilisent une main-d'oeuvre qualifiée et non qualifiée. Ces mêmes entreprises ont connu une croissance annuelle moyenne du nombre d'employés de 11 %.
En termes d'activité, la croissance moyenne annuelle du chiffre d'affaires atteint 16,5 %, celle de l'EBIT4 12 %. Les entreprises enregistrent des évolutions contrastées, selon leur stade de développement, le pays, leur taille et le secteur sur lequel elles interviennent. Un développement plus important du chiffre d'affaires est ainsi constaté sur les pays d'Afrique de l'Est.
Cette double augmentation de la masse salariale et de l'activité apporte aussi une plus forte contribution aux recettes de l'État. Les 87 entreprises de l'échantillon ayant renseigné cette information ont versé aux États dans lesquels elles sont implantées plus de 230 millions d'euros pour le dernier exercice.
La comparaison avec d'autres zones géographiques, telle que la France, met en avant un impact plus important du capital-investissement en Afrique subsaharienne qu'en Europe, où les entreprises ont davantage souffert de la crise5. D'autre part, la valeur ajoutée d'une équipe de gestion en Afrique subsaharienne intervient à la fois au niveau de la croissance des revenus et de l'amélioration de la profitabilité de la société. Dans les marchés plus mûrs, comme la France, elle est davantage orientée vers le levier financier ou la négociation sur le prix d'achat/sortie.
Une valeur ajoutée "qualitative" des équipes de gestion
Au-delà de ces bénéfices "quantitatifs" sur le développement économique local, le capital-investissement offre un véritable levier de transformation de l'entreprise. Les équipes de gestion peuvent, en tant qu'actionnaires, insuffler des bonnes pratiques de gestion, des règles de bonne gouvernance, une organisation plus adaptée, un reporting plus transparent ou une meilleure efficacité des ressources humaines. Cette valeur ajoutée est particulièrement marquée en Afrique subsaharienne, où les entreprises sont encore très souvent dans l'informel ou reposent souvent sur des structures familiales. Certaines équipes de gestion mettent en place un reporting spécifique dédié à l'amélioration de la gouvernance : augmentation des entreprises auditées par un commissaire aux comptes, existence de comités de suivi de l'activité, d'indicateurs de performance, de suivi des budgets... Cet impact est d'autant plus important lorsque l'investisseur est en position majoritaire, ou lorsqu'il intervient auprès d'une start-up, encore peu structurée. L'investisseur peut alors favoriser le développement de l'entreprise en proposant, par exemple, des managers clefs grâce à son réseau.
Grâce à la présence des institutions financières de développement de plus en plus d'investissement sont également des vecteurs d'amélioration des pratiques environnementales et sociales (E&S). Les équipes de gestion évaluent avant d'investir la performance et les pratiques en termes de management environemental et social et proposent des plans d'actions afin que l'entreprise se mette progressivement en conformité au regard des standards nationaux ou internationaux. Les améliorations sont autant de leviers de performance agissant sur d'autres domaines : obtenir une certification peut, par exemple, ouvrir de nouveaux marchés ; réduire des consommations énergétiques peut induire une réduction des charges.
Comment maximiser les impacts du capital-investissement ?
La condition pour que le capital-investissement contribue davantage au développement du continent africain réside aussi dans la constitution et la consolidation d'équipes de gestion de "qualité". C'est-à-dire à même de structurer et accompagner les entreprises, mais aussi qui intègrent le critère de développement comme objectif du fonds.
Une "bonne" équipe de gestion doit disposer de compétences "opérationnelles". La création de valeur en Afrique subsaharienne se réalise essentiellement par le levier de la croissance, contrairement aux marchés européens où elle s'appuie beaucoup sur le levier de l'endettement et la rationalisation des coûts. Dès lors, les capacités opérationnelles du gestionnaire de fonds revêtent une importance particulière par rapport à des compétences bancaires de syndication davantage recherchées sur des marchés plus matures. La présence locale des gestionnaires de fonds, en Afrique subsaharienne plus qu'ailleurs, constitue un élément clef de succès, tant les réseaux informels sont importants. Enfin, la capacité à nouer des partenariats, avec les investisseurs, les entrepreneurs et les autres parties prenantes revêt son importance.
Une équipe de "qualité", c'est aussi une équipe capable d'accompagner l'amélioration de la performance E&S et de la gouvernance de l'entreprise. Certains fonds mettent ainsi à disposition des entreprises, des enveloppes d'assistance technique (AT) pour renforcer certains aspects de leur gestion ou de leur organisation. Parmi les entreprises du portefeuille de Proparco interrogées, 43 % déclare être évaluée avant investissement, sur leur conformité aux standards environnementaux et sociaux internationaux. Toutes déclarent recevoir un appui pour l'amélioration de leur performance E&S.
Piloté au même titre qu'un indicateur financier, la contribution au développement local doit être au coeur des objectifs visés. Il convient de définir des objectifs précis, de développer les outils de mesures, et d'évaluer de façon transparente par un standard de reporting ou un évaluateur externe l'atteinte de ces objectifs. La gouvernance doit également être structurée pour servir ces objectifs.
Les exemples se multiplient. Ainsi l'Africa health fund, qui vise à développer une offre de santé abordable et de qualité en faveur des populations à faibles revenus en Afrique subsaharienne, a lié la rémunération des managers du fonds à l'atteinte de cet objectif. Cette gouvernance a été appuyée par une évaluation externe des cibles de populations touchées par les entreprises.
La mesure de la contribution au développement local est devenue un des enjeux clefs pour materialiser et augmenter les effets du capital-investissement en Afrique subsaharienne. Mais le reporting d'indicateurs montre ses limites. Il ne permet pas à lui seul de prendre en compte l'ampleur de tout un ensemble de données qualitatives, telles que le type d'entreprise, leur niveau de maturation (start-up, développement...), la qualité de l'emploi, l'intégration des populations exclues des opportunités économiques, ou encore les secteurs touchés (par exemple les secteurs sociaux).
Par ailleurs, il n'existe pas encore d'outils standardisés pour mesurer ces résultats, qui puissent être reportés de façon homogène par les équipes de gestion. Ainsi l'un des premiers chantiers mené par le Global Impact Investing Network6, à travers l'initiative Impact Reporting And Investment Standards, consiste à définir un standard de mesure de l'impact social d'un investissement pour les investisseurs.
Loin des idées reçues, les fonds d'investissement peuvent être des vecteurs importants de développement dans des pays à bas revenus. L'impact sur le développement n'est en rien antinomique de la rentabilité financière. Au contraire, la rentabilité permet d'en assurer la pérennité et donc d'en maximiser la portée mais également d'autoriser l'arrivée de nouveaux investisseurs. Les institutions de développement ont, plus que jamais, un rôle à jouer : promouvoir des démarches environnementales et sociales et favoriser une croissance durable et inclusive. Elles se doivent également de tenir la fonction de déclencheur pour couvrir les secteurs et pays délaissés par les investisseurs, parfois par méconnaissance d'une zone, perçue encore trop souvent comme risquée.
Source: Jeanne Hénin et Aglaé Touchard - publié le 21/11/2011 à 16:26
Mali : Examen du budget d’Etat 2012 à l’Assemblée nationale : DANS UN CONTEXTE FRAGILE
La loi des finances a été élaborée dans un environnement international marqué par la crise de la dette dans les pays développés, alors qu’au plan national, le niveau de la croissance restera tributaire des résultats de la campagne agricole. C’est un moment très important dans le travail parlementaire : l’examen du budget d’Etat. Les députés ont entamé hier l’examen du projet de loi portant loi de finances pour l’exercice 2012.
Le vote sur le texte devait intervenir en début de soirée. Selon le projet initialement soumis aux députés, les recettes prévues par la loi des finances pour 2012 se chiffrent à 1 339,075 milliards contre 1 275,775 milliards dans le budget rectifié 2011, soit une augmentation de 63,300 milliards ou un taux de progression de 4,96%. Toutefois les députés ont adopté un amendement qui corrige une erreur de certains partenaires. Il s’agit de l’inscription par erreur, par ces partenaires (Danemark et Suède), qui en voulant notifier 2 435 010 000 Fcfa, au titre du financement du Programme d’appui au secteur eau et assainissement avaient indiqué 2 435 010 Fcfa au titre de ce programme.
Avec cet amendement, le budget d’Etat 2012 est arrêté en ressources à 1 341 508 174 000 au lieu de 1 339 075 599Fcfa et en dépenses à 1 483 495 407 000 Fcfa au lieu de 1 481 062 232 000 Fcfa. Etant entendu que le déficit reste inchangé. Ce budget s’inscrit dans le cadre de la poursuite des efforts déployés par le gouvernement pour la maîtrise de la gestion des finances publiques. Il tient compte de la conjoncture internationale, sous régionale et nationale ainsi que des grandes orientations de la politique du développement économique, social et culturel axées sur la réduction de la pauvreté et la croissance économique. Dans l’environnement international, les prévisions tablent sur un taux de croissance du PIB réel mondial de 4,3 %. On attend un taux de 2,8% en 2011 et 3% en 2012 aux Etats-Unis, 1,75 % en 2011 et 2% en 2012 dans la zone Euro. En Afrique subsaharienne, on mise sur 5,5% en 2011 et 6% en 2012. Dans le même temps l’inflation sera de 8,1 % en 2011 et de 6,7 % en 2012.
Au sein de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), l’activité économique a connu un taux de croissance de 4,5 % en 2010 du fait essentiellement de la production agricole, de l’exploitation minière et de la bonne tenue des BTP. Le taux d’inflation a été de 1,4 % en 2010. En 2011, le taux de croissance pourrait se situer autour de 1%, conséquence de la crise ivoirienne. L’inflation pourrait dépasser 3% en 2011. En matière de convergence, les résultats restent mitigés en 2010. Au total, trois pays, (Benin, Mali Niger) ont respecté les quatre critères de premier rang. Les perspectives pour 2012 sont prometteuses. Selon les projections du FMI, la croissance réelle du PIB pourrait s’établir à 6,2 % en 2012. Au plan national, cette croissance qui était de 5,8 % en 2010 pourrait se situer à 5,3 % en 2011.
Le budget 2012 est élaboré dans un contexte de reprise économique au plan international qui reste fragile en raison du risque de crise de la dette souveraine dans les pays développés. Au plan national, le niveau de la croissance restera tributaire des résultats de la campagne agricole. D’où une politique budgétaire prudente qui tient compte de la lettre de cadrage du 3 mai 2011 du président de la République et de la Déclaration de politique générale du premier ministre du 24 juin 2011, portant notamment sur la poursuite de la mise en œuvre de l’exécution et le prolongement des chantiers déjà ouverts. Ce budget 2012 est bâti autour de certains objectifs comme la réalisation d’un taux de croissance réel du PIB de 5,5 % en progression de 0,2 % par rapport à 2011. Il vise également le respect des critères de convergence convenus dans le cadre de l’UEMOA. Il est prévu d’augmenter les ressources internes, de maîtriser les dépenses et d’améliorer l’allocation des ressources. Nous reviendrons sur la suite de l’examen du budget 2012 dans notre prochaine livraison.
Allaye Lam
La France file vers la récession
Le PIB tricolore va reculer au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012, selon l'Insee. Le taux de chômage va continuer à augmenter pour atteindre 10% au printemps.
François Baroin et Valérie Pécresse, les deux ministres de Bercy, risquent bien de devoir affronter la récession...
REUTERS/Charles Platiau
La France s'apprête à entrer en récession, selon l'Insee qui a
publié jeudi ses prévisions de croissance pour le premier semestre 2012. Selon ses prévisions, le produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de près de 0,2% au quatrième trimestre 2011 et de 0,1% sur le premier trimestre 2012. Un redémarrage symbolique est attendu au le printemps par les experts de l'Insee à condition cependant que l'environnement international s'éclaircisse.
En attendant, tous les moteurs de la croissance française vont progressivement caler. La contamination de la crise financière au système bancaire a conduit les établissements de crédit à rationner leurs prêts. Ce credit crunch pourrait même s'intensifier au cours des prochains mois pénalisant l'investissement des entreprises. De fait, l'Insee s'attend à une baisse de l'effort d'équipement des sociétés françaises au moins jusqu'au printemps prochain. Si la récession s'avère moins sévère que celle de 2008, elle frappe une industrie qui n'avait pas retrouvé son niveau d'activité d'avant la crise.
L'activité industrielle devrait ainsi se replier de 1,1% au quatrième trimestre 2011 et de nouveau de 0,7% sur les trois premiers mois de l'année. Les séquelles de ce nouveau trou d'air risquent d'être importantes, notamment en termes d'emploi. L'Insee table ainsi sur quelques 64 000 destructions sur les six premiers mois de l'année ce qui devrait porter le taux de chômage à 10% au printemps prochain, soit son plus haut niveau depuis le tout début des années 2000.
Difficile d'imaginer, dans ce contexte, un rebond de la consommation. Le moteur de la demande des ménages devrait être quasiment stagnant même si les Français commencent à puiser dans leur bas de laine. Avec la hausse attendue des prélèvements obligatoires et le ralentissement des prestations sociales, le pouvoir d'achat des Français devrait reculer. Par foyer, la baisse pourrait atteindre 0,4% au premier semestre !
Avec une consommation en berne (et donc des recettes de TVA décevantes), et un chômage croissant (donc des dépenses sociales en hausse), la réduction des déficits publics promise par Bercy relève du miracle. D'autant que la croissance sur l'ensemble de l'année 2012 aura bien du mal à atteindre les 0,5%, le plancher que s'est fixé le gouvernement. Pour cela, il faudrait que le PIB augmente de 0,6% au troisième et quatrième trimestre 2012...mission impossible !
source : http://lexpansion.lexpress.fr
François Baroin et Valérie Pécresse, les deux ministres de Bercy, risquent bien de devoir affronter la récession...
REUTERS/Charles Platiau
La France s'apprête à entrer en récession, selon l'Insee qui a
publié jeudi ses prévisions de croissance pour le premier semestre 2012. Selon ses prévisions, le produit intérieur brut (PIB) devrait reculer de près de 0,2% au quatrième trimestre 2011 et de 0,1% sur le premier trimestre 2012. Un redémarrage symbolique est attendu au le printemps par les experts de l'Insee à condition cependant que l'environnement international s'éclaircisse.
En attendant, tous les moteurs de la croissance française vont progressivement caler. La contamination de la crise financière au système bancaire a conduit les établissements de crédit à rationner leurs prêts. Ce credit crunch pourrait même s'intensifier au cours des prochains mois pénalisant l'investissement des entreprises. De fait, l'Insee s'attend à une baisse de l'effort d'équipement des sociétés françaises au moins jusqu'au printemps prochain. Si la récession s'avère moins sévère que celle de 2008, elle frappe une industrie qui n'avait pas retrouvé son niveau d'activité d'avant la crise.
L'activité industrielle devrait ainsi se replier de 1,1% au quatrième trimestre 2011 et de nouveau de 0,7% sur les trois premiers mois de l'année. Les séquelles de ce nouveau trou d'air risquent d'être importantes, notamment en termes d'emploi. L'Insee table ainsi sur quelques 64 000 destructions sur les six premiers mois de l'année ce qui devrait porter le taux de chômage à 10% au printemps prochain, soit son plus haut niveau depuis le tout début des années 2000.
Difficile d'imaginer, dans ce contexte, un rebond de la consommation. Le moteur de la demande des ménages devrait être quasiment stagnant même si les Français commencent à puiser dans leur bas de laine. Avec la hausse attendue des prélèvements obligatoires et le ralentissement des prestations sociales, le pouvoir d'achat des Français devrait reculer. Par foyer, la baisse pourrait atteindre 0,4% au premier semestre !
Avec une consommation en berne (et donc des recettes de TVA décevantes), et un chômage croissant (donc des dépenses sociales en hausse), la réduction des déficits publics promise par Bercy relève du miracle. D'autant que la croissance sur l'ensemble de l'année 2012 aura bien du mal à atteindre les 0,5%, le plancher que s'est fixé le gouvernement. Pour cela, il faudrait que le PIB augmente de 0,6% au troisième et quatrième trimestre 2012...mission impossible !
source : http://lexpansion.lexpress.fr
Le patrimoine des ménages, plus élevé qu'avant la crise
Selon l'Insee, le patrimoine des ménages français a progressé de 9% en 2010. Boosté par l'immobilier, il s'élève à 10.203 milliards d'euros, soit plus qu'en 2007.
Le patrimoine non financier des ménages atteint 7463 milliards d'euros fin 2010, soit un bond de 10,5% sur un an.
Reuters/Benoit Tessier
Le patrimoine des ménages français est-il insensible à la crise? Selon une étude publiée vendredi par l'Insee, il a bondi de 9,1% en 2010, après un léger trou d'air de deux ans. A 10.203 milliards d'euros fin 2010, il dépasse son niveau de 2007, et représente près de 80% du patrimoine économique national,
C'est essentiellement la flambée des prix de l'immobilier qui explique cette embellie. Ainsi, "le patrimoine non financier des ménages, composé essentiellement d'actifs immobiliers, se redresse sensiblement", de 10,5% après un recul de 2,5% en 2009, explique l'institut. A la fin 2010, il était de 7 463 milliards d'euros.
La croissance du patrimoine financier des ménages, elle, "fléchit mais demeure soutenue", avec une hausse de 5,5% après un bond de 10,1% en 2009. Il atteint 2 740 milliards fin 2010, avec l'assurance-vie qui reste le placement préféré des Français.
"Le bond du patrimoine est un peu fictif, car il est dû au logement qui a mieux tenu en France qu'ailleurs", souligne Christian Saint-Etienne, professeur d'économie à Paris-Dauphine. Il relève aussi qu'il s'agit de chiffres de 2010, lorsque la Bourse de Paris avait repris des couleurs après la crise financière, qui ne prennent donc pas en compte "le choc de cet été".
"Au-delà de la crise, on vit dans une période de prospérité patrimoniale"
"Mais globalement, cela confirme que la France reste un pays riche, avec un bel immobilier et de belles terres", affirme-t-il. "Au-delà de la crise, on vit dans une période historique de très grande prospérité patrimoniale", renchérit Thomas Piketty, de l'Ecole d'économie de Paris. Ce spécialiste des hauts revenus, proche du Parti socialiste, estime même qu'"il faut remonter un siècle en arrière, à la Belle époque, pour trouver un tel rapport entre les revenus et le patrimoine".
Selon les calculs de l'Insee, le patrimoine des ménages correspondait en 2010 à huit années de leur revenu disponible net. Pour Thomas Piketty, cette explosion ne peut s'expliquer seulement par la hausse du prix de la pierre. "Encore faut-il qu'il y ait des gens qui ont les moyens de soutenir les cours de l'immobilier! Les détenteurs de patrimoine se portent bien", insiste-t-il.
Du coup, ce pourfendeur de la baisse de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) y voit une raison de plus de la critiquer. "Il ne faut pas massacrer les patrimoines, mais ce n'est pas non plus le moment d'alléger les impôts sur la fortune", tonne Thomas Piketty.
L'économiste fait valoir que l'ISF rapportait, avant la réforme menée cette année par le gouvernement et dénoncée par la gauche, quelque 4 milliards d'euros par an, sur un patrimoine des ménages de plus de 10 000 milliards. "C'était déjà tout petit, et le gouvernement a quand même décidé de le diviser par deux alors qu'on traverse une crise des finances publiques et qu'il se retrouve à augmenter la TVA qui frappe tout le monde", proteste-t-il.
Christian Saint-Etienne relativise toutefois la baisse de l'ISF. "Tous les autres impôts sur le capital et sur les plus-values ont été fortement alourdis", dit-il.
(source : http://lexpansion.lexpress.fr)
Le patrimoine non financier des ménages atteint 7463 milliards d'euros fin 2010, soit un bond de 10,5% sur un an.
Reuters/Benoit Tessier
Le patrimoine des ménages français est-il insensible à la crise? Selon une étude publiée vendredi par l'Insee, il a bondi de 9,1% en 2010, après un léger trou d'air de deux ans. A 10.203 milliards d'euros fin 2010, il dépasse son niveau de 2007, et représente près de 80% du patrimoine économique national,
C'est essentiellement la flambée des prix de l'immobilier qui explique cette embellie. Ainsi, "le patrimoine non financier des ménages, composé essentiellement d'actifs immobiliers, se redresse sensiblement", de 10,5% après un recul de 2,5% en 2009, explique l'institut. A la fin 2010, il était de 7 463 milliards d'euros.
La croissance du patrimoine financier des ménages, elle, "fléchit mais demeure soutenue", avec une hausse de 5,5% après un bond de 10,1% en 2009. Il atteint 2 740 milliards fin 2010, avec l'assurance-vie qui reste le placement préféré des Français.
"Le bond du patrimoine est un peu fictif, car il est dû au logement qui a mieux tenu en France qu'ailleurs", souligne Christian Saint-Etienne, professeur d'économie à Paris-Dauphine. Il relève aussi qu'il s'agit de chiffres de 2010, lorsque la Bourse de Paris avait repris des couleurs après la crise financière, qui ne prennent donc pas en compte "le choc de cet été".
"Au-delà de la crise, on vit dans une période de prospérité patrimoniale"
"Mais globalement, cela confirme que la France reste un pays riche, avec un bel immobilier et de belles terres", affirme-t-il. "Au-delà de la crise, on vit dans une période historique de très grande prospérité patrimoniale", renchérit Thomas Piketty, de l'Ecole d'économie de Paris. Ce spécialiste des hauts revenus, proche du Parti socialiste, estime même qu'"il faut remonter un siècle en arrière, à la Belle époque, pour trouver un tel rapport entre les revenus et le patrimoine".
Selon les calculs de l'Insee, le patrimoine des ménages correspondait en 2010 à huit années de leur revenu disponible net. Pour Thomas Piketty, cette explosion ne peut s'expliquer seulement par la hausse du prix de la pierre. "Encore faut-il qu'il y ait des gens qui ont les moyens de soutenir les cours de l'immobilier! Les détenteurs de patrimoine se portent bien", insiste-t-il.
Du coup, ce pourfendeur de la baisse de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF) y voit une raison de plus de la critiquer. "Il ne faut pas massacrer les patrimoines, mais ce n'est pas non plus le moment d'alléger les impôts sur la fortune", tonne Thomas Piketty.
L'économiste fait valoir que l'ISF rapportait, avant la réforme menée cette année par le gouvernement et dénoncée par la gauche, quelque 4 milliards d'euros par an, sur un patrimoine des ménages de plus de 10 000 milliards. "C'était déjà tout petit, et le gouvernement a quand même décidé de le diviser par deux alors qu'on traverse une crise des finances publiques et qu'il se retrouve à augmenter la TVA qui frappe tout le monde", proteste-t-il.
Christian Saint-Etienne relativise toutefois la baisse de l'ISF. "Tous les autres impôts sur le capital et sur les plus-values ont été fortement alourdis", dit-il.
(source : http://lexpansion.lexpress.fr)
Crédit agricole vend sa filiale de capital-investissement
Coller Capital, société spécialisée dans ce secteur, va reprendre 100% du capital de Crédit Agricole private equity.
Crédit Agricole SA a signé un accord de cession de sa filiale de capital-investissement CAPE à la société spécialisée dans ce secteur Coller Capital, ont annoncé les deux partenaires vendredi dans un communiqué commun. Outre 100% du capital de Crédit Agricole private equity, Coller Capital va également reprendre "la majorité des fonds gérés par CAPE et détenus par Crédit Agricole capital investment France (CACIF)", ont-ils précisé. Contacté par l'AFP, la banque n'a pas souhaité indiquer le montant de l'opération, ni celui des encours concernés.
Selon son site internet, CAPE avait 3,7 milliards d'euros d'actifs sous gestion.Cette transaction, qui reste soumise au feu vert des autorités réglementaires, devrait être finalisée au premier trimestre 2012. "Cette décision de Crédit Agricole S.A. intervient dans le cadre de l'optimisation de l'allocation de ses fonds propres et du recentrage de ses activités de private equity sur le capital investissement de proximité", relève-t-on dans ce communiqué, précisant que cette cession va permettre à la banque française d'alléger ses "encours pondérés d'environ 900 millions d'euros".
La banque assure qu'elle continuera à "soutenir les PME via les structures de capital accompagnement détenues par les Caisses régionales de Crédit Agricole" ainsi qu'avec Idia, partenaire des entreprises agroalimentaires et des agro industries du groupe Crédit Agricole, maison mère de Crédit Agricole SA. (source : lexpansion.lexpress.fr)
Crédit Agricole SA a signé un accord de cession de sa filiale de capital-investissement CAPE à la société spécialisée dans ce secteur Coller Capital, ont annoncé les deux partenaires vendredi dans un communiqué commun. Outre 100% du capital de Crédit Agricole private equity, Coller Capital va également reprendre "la majorité des fonds gérés par CAPE et détenus par Crédit Agricole capital investment France (CACIF)", ont-ils précisé. Contacté par l'AFP, la banque n'a pas souhaité indiquer le montant de l'opération, ni celui des encours concernés.
Selon son site internet, CAPE avait 3,7 milliards d'euros d'actifs sous gestion.Cette transaction, qui reste soumise au feu vert des autorités réglementaires, devrait être finalisée au premier trimestre 2012. "Cette décision de Crédit Agricole S.A. intervient dans le cadre de l'optimisation de l'allocation de ses fonds propres et du recentrage de ses activités de private equity sur le capital investissement de proximité", relève-t-on dans ce communiqué, précisant que cette cession va permettre à la banque française d'alléger ses "encours pondérés d'environ 900 millions d'euros".
La banque assure qu'elle continuera à "soutenir les PME via les structures de capital accompagnement détenues par les Caisses régionales de Crédit Agricole" ainsi qu'avec Idia, partenaire des entreprises agroalimentaires et des agro industries du groupe Crédit Agricole, maison mère de Crédit Agricole SA. (source : lexpansion.lexpress.fr)
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