samedi 12 novembre 2011

Office du Niger : Du rythme et de l'engagement


Les opérations chirurgicales se poursuivent dans la plus grosse entreprise hydro agricole du pays mais ne se ressemblent guère. La dernière qui semble satisfaire une grande majorité des puristes de la Zone Office du Niger a ceci de particulière qu’elle rend au malade le remède par lequel il peut se soigner. De quoi dire que la paire Amadou Boye Coulibaly – Boubacar Sow doit gagner. Analyse d’une équipe new look qui doit assurer.

Comme à l’époque où nos autorités s’ingéniaient à trouver en langue vernaculaire la traduction la plus appropriée du concept « décentralisation », les linguistes maliens ont frappé un grand coup pour faire adhérer les populations rurales en trouvant cette expression : maara segira so (littéralement, le retour du pouvoir à la maison ou l’appropriation par les populations de leur destinée). En bon administrateur civil, moulé donc dans la gestion des ressources humaines (la grande plaie de l’Office du Niger) et de par son expérience de représentant de l’exécutif régional de Ségou durant la période 2005-2009, Abou Sow Ministre de tutelle, a sorti sa recette les mois de Juillet et Septembre dernier. L’Office du Niger doit pouvoir se gérer lui-même, à l’orée de ses 80 ans dans deux mois, les cadres qui s’y trouvent n’ayant rien à envier aux petits missionnaires (expression que nous tirons de nos cahiers d’écolier parlant de l’histoire coloniale) qui sont plus prompts à se comparer à la grenouille qui veut grossir plus que le bœuf (une fable de la Fontaine) en bravant leur hiérarchie au lieu de remplir correctement leurs missions premières.

UNE PAIRE QUI NE DOIT PAS PERDRE

Du chapeau magique d’Abou Sow, contre toute attente, il tire donc son duo qui, pour un trimestre, s’accommode à panser les blessures quand il le faut, et à crever l’abcès lorsque c’est nécessaire. Du PDG, Amadou Boye Coulibaly, avions-nous écrit ici, il traine 30 ans de parcours dans l’entreprise, gravissant tous les échelons et fortement ancré dans la sociologie du monde rural. Son Adjoint, Boubacar Sow lui emboîte le pas pour la même durée dans l’entreprise. Hydraulicien de formation, mais familier à toutes les missions assignées à l’Office du Niger (aménagement, planification, gestion, cartographie…), il a sa signature dans bien de conceptions modulaires et d’études portant sur l’eau, le riz, la canne à sucre, le sol etc.…Il connait lui aussi l’entreprise comme les dix doigts de ses mains et y tient comme la prunelle de ses yeux. C’est donc un duo aguerri et complémentaire qui entame une nouvelle forme de gestion à l’Office du Niger et un devoir de résultat au bout afin de ne pas décevoir. Pour ce faire, on peut parier sur les qualités de chacun. L’un a son humilité, sa chaleur, son dynamisme et sa forte capacité de négociation grâce à son carnet d’adresse tandis que l’autre possède sa méthode de cadre méticuleux, sa rigueur et son sens d’agent intègre. Mais tous sont des techniciens rompus à l’aménagement des terres et à la gestion de l’eau que nul discours autre que la vérité du terrain n’ose contrarier. A ce titre, on leur doit déjà ce qu’un confrère de Bamako avait appelé « le plan d’urgence » pour sauver l’Office du Niger d’une catastrophique campagne agricole 2010-2011 aux mois de Juillet et d’Août : démobilisation des agents d’encadrement suite à la réorganisation de l’entreprise en 2010 mais surtout non réalisation des travaux d’entretien périodique imputable à un blocus financier incompréhensible du siège de l’entreprise. Dans un espace sahélien où les pluies sont aléatoires, qui plus est, avec les caprices de cette année, l’Office du Niger aura tous les regards des maliens rivés sur sa production de cette année. Et les mesures urgentes adoptées dans toutes les zones de production, après divers engagements de la nouvelle équipe directionnelle, furent véritablement une bouée de sauvetage de la campagne agricole, au point qu’une visite sur le terrain, du Ministre Abou Sow le mois dernier, a permis de croire que l’Office du Niger cuvée Amadou Boye Coulibaly – Boubacar Sow peut s’accrocher à sa prévision de production de 630 000 tonnes de rie en hivernage et en contre saison. Mieux, en réussissant en un trimestre à honorer tous les engagements statutaires (Comités de Gestion, Comités de Suivi du Contrat Plan, Conseil d’Administration, rencontre avec les PTF) dans un environnement où la crise alimentaire d’ailleurs commence à s’inviter au débat, l’Office du Niger prend la promesse, par l’intermédiaire de sa Direction Générale de doubler la culture de contre saison de cette année, passant de 12 000 à 25 000 ha d’exploitation du riz. Ce fut d’ailleurs l’occasion, pendant ce mois d’Octobre, pour tous ces décideurs de l’Office du Niger (administrateurs et autres bailleurs de fonds) d’évaluer les résultats, engagements et performances de l’entreprise, et d’afficher la mine sereine, que les résultats partiels de la campagne agricole en cours sont un gage de réussite que l’Office du Niger assurera bien la moitié des besoins en consommation de riz des maliens. Sur les 600 036 tonnes de riz prévues en hivernage, les opérations de moisson et de récolte ont déjà commencé sur près de 10 000 ha. Or, l’Office du Niger peut se complaire, à la semaine dernière, de réussir un taux de réalisation d’exploitation des terres à hauteur de 98 % soit 84 382 ha auxquels il faut ajouter plus de 5 700 ha en hors casier ; ce qui permet aux prix d’achat du riz aux producteurs de tourner entre 275 et 330 F pour le Riz BG et 310 et 350 F CFA pour le Riz Marchand communément appelé Gambiaka.
Moutta

Mali : Lutte contre le commerce illicite / La société BAT équipe les douanes maliennes

Pour lui permettre de lutter efficacement contre la contrebande de cigarettes, la Société British American Tobacco (Bat) a remis, ce 27 octobre 2011, à la Direction générale des Douanes du Mali, un don de matériels. La cérémonie de remise s’est déroulée dans la cour de la Direction générale, ce jeudi 27 Octobre 2012. Le lot remis à la Direction générale des Douanes se compose de 3 groupes électrogènes de 3 kva chacun ; 2 moteurs hors bord de 9 cv chacun ; 2 pirogues de 7 mètres de longueur chacune. Ce don vise à renforcer les capacités opérationnelles des agents sur le terrain dans leur lutte contre la fraude transfrontalière de cigarettes et traduit l’expression d’un encouragement.

Selon Archer Francis, le Directeur de British American Tabacco au Mali, représentant le Bureau Afrique de l’Ouest de la firme, le secteur du tabac est en pleine mutation au Mali et le gouvernement du Mali est déterminé à lutter contre le commerce illicite. L’Etat du Mali a signé, en 2009 avec la Société British American Tobacco, un protocole d’accord visant à renforcer la coopération dans la lutte contre le commerce illicite de cigarettes au Mali. A cet effet, les autorités douanières du Mali ont mis un accent particulier sur la saisie des cigarettes de contrebande le long des frontières.

Cet acte, selon le Directeur général des douanes, Modibo Maïga, qui fait suite à d’autres, s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du protocole d’accord existant entre la direction générale des douanes et la société British American Tabacco. Il traduit le dynamisme de leur collaboration. « Cet important lot de matériel permet à la Direction générale des douanes de renforcer ses moyens pour relever efficacement les défis inhérents à l’exécution des missions qui lui sont assignées, en particulier dans le cadre de la lutte contre la contrebande et la criminalité transnationale », a indiqué le DG des Douanes, Modibo Maïga.

La contrebande met en péril le développement du tissu industriel ainsi que l’emploi créé et constitue une menace réelle pour la sécurité publique, car les armes et munitions, les produits stupéfiants et les médicaments contrefaits, frauduleusement importés, empruntent les mêmes pistes de la contrebande. « La lutte contre ce fléau requiert des moyens de plus en plus adaptés aux conditions du terrain et en particulier au mode opératoires des stupéfiants », a expliqué le DG des douanes Modibo Maïga. Il a estimé que ce geste est l’expression de l’appréciation du rôle déterminant que la douane joue dans l’assainissement de l’environnement des affaires au Mali. Il a assuré ses partenaires de la Société British American du bon usage de cet équipement.

La cérémonie s’est déroulée en présence de Mireille Fenou Njambon responsable du département juridique et Bolaji Akindeji, responsable Afrique de l’Ouest de lutte contre le commerce illicite.

B. Daou
lerepublicainmali

samedi 29 octobre 2011

Ecobank : vol et escroquerie dans la bancarisation des bourses : Les victimes entre désespoir et suicide


Le scandale de la bancarisation des bourses à Ecobank, contrairement à ce que d’aucuns pensent, n’a pas fini de faire des dégâts au sein des étudiants spoliés et grugés dans cette nauséabonde affaire de paiement et de retrait des bourses au niveau des guichets automatiques de l’établissement bancaire. Des mois après, les dizaines de milliers d’étudiants victimes de cette pratique pris à bras le corps par la Direction de la banque sont entre le désespoir, le suicide et la mort…

Plus les jours passent, plus le calvaire des dizaines de milliers d’étudiants victimes du vol et de l’escroquerie de ECOBANK-Mali, l’expression n’est pas trop forte, va en augmentation exponentielle. C’est-à-dire, de plus en plus grande ; ceci, de façon inquiétante dans la mesure où après les promesses de début de paiement et de remboursement en juillet dernier, aucune suite favorable jusqu’ici pour ces pauvres étudiants victimes. A cet effet, il faut dire avec larmes, affliction et tristesse, que les étudiants victimes de la bancarisation des bourses à ECOBANK-Mali sont depuis lors entre le désespoir, le suicide et la mort puisque aux morts déjà enregistrés ici et là au niveau de toutes les facultés du pays, se sont ajoutés d’autres.

Endettés, appauvris, malades, et désespérés, certains étudiants victimes ont vite rendu l’âme. Du moins si l’on en croit des témoignages. Ceci, on n’a pas besoin d’être morguier, médecin ou agent recenseur pour l’affirmer dans la mesure où d’une part, les contacts avec le collectif des victimes, leurs amis, familles, camarades de classe ; d’autre part, des visites devant la direction de ECOBANK-Mali et autres agences de l’établissement, ainsi que certains témoignages permettent d’authentifier l’hécatombe et les dégâts funestes causés par la bancarisation des bourses à ECOBANK-Mali. A trois mois de la fin de l’année 2011ou presque, toujours rien pour ces étudiants victimes de la bancarisation des bourses à ECOBANK-Mali. En clair, ils sont mis à part. La petite fumée d’espoir vue par les étudiants lors de l’obtention de la carte magnétique pour assurer les opérations au niveau des guichets automatiques a viré au cauchemar. Dans la pratique les agents de ECOBANK-Mali ont ouvert des comptes sous les mêmes numéros. Du coup, les vrais titulaires n’arrivent pas à faire des opérations. Mais toujours est-il que l’argent continue à prendre des destinations inconnues.

Selon nos sources, il ne s’agit pas d’une erreur ou d’une irrégularité. Mais plutôt d’une combine entre des agents de ECOBANK-Mali et une tierce personne. Cette dernière, une fois informée par son combinard à ECOBANK-Mali, vide rapidement le compte. Avant de rendre compte à son complice. Pendant ce temps, l’étudiant détenteur de la vraie fausse carte magnétique n’y voit que du feu. Avec cette pratique, c’est la bourse annuelle des dizaines de milliers d’étudiants qui ont pris, depuis l’année dernière, des destinations jusque-là encore inconnues.

Par ailleurs, notre source assure et rassure que le compte créé à ECOBANK-Mali pour loger les bourses des étudiants est fictif. Conséquence, aux désagréments déjà enregistrés à cause de cette situation des pauvres étudiants sont venus s’ajouter d’autres.

Et comme il faut s’y attendre, les pertes en vie humaines et bien d’autres désagréments, ne sont pas prêtes de s’arrêter. Car, signalons le, tout de suite, il y en a qui sont encore sur le point de se suicider ou qui s’interrogent sur l’utilité de leur vie. Non seulement, ils n’ont pas leur argent pour faire face aux études et aux charges de leur mémoire de fin d’étude, mais appauvris, désemparés, malades, ils en sont dépourvus et donc incapables d’assurer leurs études et les besoins. « On nous tourne en bourrique à ECOBANK-Mali ; mais toujours rien pour nous… », se lamente la voix mourante et cahoteuse, Soumaïla, un étudiant en fin de cycle qui en plus nous confie que ça n’a pas été facile pour lui de boucler le mois dernier. Mais aussi, qu’il a toutes les peines d’entamer son mémoire de fin de cycle.

Face à cette situation, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Mme Ginette Belgarde qui a moult fois dit qu’il travaille avec méthode et patience, oubliant qu’il s’est mis une corde au cou, est vivement interpellée. Encore quelques mois, et ce sera vraisemblablement la fin du régime du Changement et pourtant, les gens ne sont pas encore payés. Parallèlement, les dégâts sont immenses et cruels…

Mais comment les étudiants ont été floués et comment les bourses sont détournées ?

La réponse dans nos prochaines éditions.

Jean pierre James

Le poids des impayés menace la note de plusieurs pays africains, selon Fitch


Le poids des impayés de certains gouvernements africains de la zone franc à leurs créanciers locaux...

Le poids des impayés de certains gouvernements africains de la zone franc à leurs créanciers locaux (fournisseurs, fonctionnaires, assurés sociaux...) peut menacer la note de ces pays, a estimé lundi Fitch Ratings, en citant le Cameroun, le Gabon et le Bénin.
Selon un communiqué de l'agence de notation, cette accumulation d'arriérés "ne constitue pas un défaut" de paiement, mais "reflète souvent des difficultés pour réaliser les paiements ou des querelles contractuelles plutôt qu'une incapacité ou une volonté du pays de ne pas payer".
"Toutefois, elle peut aussi indiquer des problèmes financiers, et les arriérés sont parfois consolidés formellement dans des obligations de dette, auquel cas ils exercent une pression" sur la note, notamment en monnaie locale, selon Fitch.
La dette en monnaie locale du Cameroun, du Bénin et du Gabon est respectivement notée "B-", "B", et "BB-".
L'agence relève que ces impayés ont atteint 1,8% du PIB de l'union monétaire ouest-africaine en 2010 (UEMOA: Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée Bissau, Mali, Niger, Sénégal, Togo).
Dans la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (Cemac), ils ont représenté en moyenne 3,6% du PIB dans quatre des six pays de la zone (Tchad, Centrafrique, Cameroun, Guinée équatoriale, Gabon, Congo), "suggérant un niveau significativement plus haut".
L'agence estime que ces arriérés sont avant tout le signe d'une mauvaise gestion des finances publiques. Dans la zone franc, cela "peut aussi refléter une instabilité politique", comme le conflit en Côte d'Ivoire début 2011, ou être la conséquence de dépenses de période pré-électorale.
Certains pays, tel le Cameroun, privilégient le paiement de leurs créanciers internationaux (dette libellée en devises) au détriment de leurs créanciers nationaux (dette libellée en monnaie locale), rappelle Fitch.
Ces arriérés "peuvent affecter la notation par leur impact sur la croissance de l'économie locale", explique Fitch.
"Les retards de paiement du gouvernement au secteur privé peuvent affaiblir la confiance et l'activité, particulièrement là où les gouvernements jouent un rôle majeur dans l'économie. Un secteur privé faible peut affecter les équilibres des banques et leur capacité à prêter", prévient l'agence. (http://www.starafrica.com)

France-Soir: l'ex-DG propose un plan

Christiane Vulvert, l'ancienne directrice générale du quotidien France-Soir, actuellement placé sous procédure de sauvegarde, a présenté hier aux délégués syndicaux un projet de reprise, a déclaré l'un de ces responsables syndicaux.

Ce projet, qui propose le maintien de la version papier du journal, passe aussi par la suppression de 30 emplois, contre 89 dans celui de la direction, laquelle souhaite se concentrer seulement sur internet, a précisé Romain Altmann, l'un des représentants du comité Inter CGT du quotidien.

Pas d'autres projets connus

"C'est le premier dossier de reprise présenté officiellement aux syndicats. Il ouvre des perspectives aux salariés", a dit Altmann, présent à la rencontre vendredi entre Mme Vulvert, une délégation des élus du CE et le comité Inter CGT, qui est la coordination syndicale composée d'Info'Com-CGT pour les sièges éditoriaux, le SIP-CGT pour les imprimeries et de SPPS pour la distribution.

La trentaine de postes supprimés concerne principalement "des hauts salaires engagés à l'arrivée de la nouvelle direction il y a deux ans", selon Altmann. Il n'y a pas d'autres projets de reprises du quotidien portés à la connaissance des syndicats.

Le journal n'est "pas à vendre"

Christiane Vulvert souhaite présenter d'ici mi-novembre son projet à l'Elysée et au ministère de la Communication, de manière à obtenir le soutien du gouvernement face au propriétaire russe, a dit une source proche du dossier. Selon son projet, la masse salariale, actuellement à 12 millions d'euros, devrait passer à 8 millions.

De plus, la direction de France-Soir a déclaré samedi que le journal n'était "pas à vendre", d'après un porte-parole du groupe. Celui-ci a précisé qu'un investissement minimum de "25 millions d'euros" était nécessaire pour maintenir à flot le journal. Christiane Vulvert propose pour sa part 10 millions, selon les syndicats. (http://www.lefigaro.fr)

Les dessous du sous développement : Mali, un pays où l’emploi ne permet pas de faire face à la pauvreté


Par le constat fait dans les pays en développement et se basant sur les conclusions de différents modèles de croissance, il est unanimement reconnu que la croissance démographique rapide est un frein au processus de développement. L’accroissement de la demande en services, particulièrement en santé et éducation, qu’elle engendre complique la situation des pays y faisant face et qui ne pouvaient même pas satisfaire leur demande initiale.

Outre, l’incapacité de faire face à cette hausse de la demande en services, la croissance démographique donne naissance à une main d’œuvre surabondante qui fait pression sur le marché du travail et qui ne fait qu’aggraver les disparités au niveau de l’emploi.

Les informations disponibles sur le Mali, montrent que ce pays, se retrouve dans une situation alarmante. Avec un taux d’accroissement naturel se trouvant parmi les plus élevés du continent (3.1%) et une population jeune (48% de la population a moins de 15 ans), le Mali présente une configuration où la marche vers la diminution de la pauvreté s’avère ardue.

Avec une population active estimée à 51.4% de la population totale, le Mali a une économie prédominée par le secteur informel et à forte concentration agricole. Dans ce secteur, on retrouve plus de deux tiers des actifs occupés.

Avec un salaire minimum de 29 882 FCFA (64 us) par mois, le Mali est un pays où les disparités salariales s’avèrent importantes. En effet, si dans le secteur formel, le revenu moyen est de 82 000 FCFA, dans le secteur informel il n’est que de 25 000 FCFA, montant inférieur au salaire minimum. On comprend bien, que le salaire minimum en tant qu’outil de protection sociale, ne joue pas son rôle au Mali. Qui pis est, le secteur agricole qui emploie 80% de la population active offre un revenu mensuel moyen de 9 000 FCFA seulement. Quelle discordance !

De plus, en comparant la demande de travail à la qualification de ceux qui cherchent un emploi dans le secteur formel malien, on constate, qu’il existe une divergence/inadéquation entre les qualifications des maliens et le besoin du marché du travail. En effet, dans bon nombre de domaines, certains entrepreneurs sont obligés de faire venir de l’étranger des techniciens spécialisés pour répondre à leur besoin. Cette pratique est très courante dans les domaines des mines, de l’énergie et des télécommunications. Ainsi, les ministères de l’emploi et de la formation professionnelle et de l’éducation ont intérêt à travailler de concert afin que la demande de travail puisse être satisfaite localement.

Somme toute, résoudre les défis que posent le marché du travail malien afin de garantir au peuple les moyens pouvant leur permettre d’améliorer leurs conditions de vie doit être un des priorités du gouvernement malien. Sinon la fuite de cerveaux qui atteint déjà des niveaux exagérés (Plus de 4.000.000 de maliens à l’étranger) s’accentuera davantage et le décollage économique ne sera qu’une utopie.






Sidy Bagayoko

Spécialiste en économie internationale et du développement

Mali : Revue budgétaire conjointe 2011 : Renforcer l’efficacité de la gestion budgétaire


En vue d’améliorer la gestion budgétaire, depuis 2007, le Mali et ses Partenaires Techniques et Financiers (PTF) ont procédé à la revue budgétaire conjointe de l’appui budgétaire général.

Placé sous la présidence du Ministre de l’Economie et des Finances, Lacine Bouaré, cette session de 2011 a eu lieu le jeudi, 20 octobre 2011 à l’Hôtel de l’Amitié de Bamako.

Cette revue s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des dispositions de l’arrangement spécifique relatif aux appuis budgétaires généraux au Mali, en faveur de notre Stratégie de Croissance et de Réduction de la Pauvreté.

Faut-t-il le rappeler, les récentes études ont montré que le Mali connaît une croissance faible à la moyenne des pays de l’Afrique subsaharien. Mais, sa croissance est supérieure à celle de la zone UEMOA. Sensible à la fluctuation de la production agricole et des prix de produits de base, l’objectif de 7% affiché dans le CSCRP 2007-2011 n’a pas été observé. Toutefois, en dépit de la crise financière internationale, l’économie malienne a atteint une croissance moyenne de 5%. Cet état de fait dénote de la stabilité de la croissance et de l’impact positif des mesures prises par le Gouvernement pour faire face à la crise.

En vue de consolider ces acquis, le Gouvernement et ses partenaires techniques et financiers font annuellement cette revue. «La Revue budgétaire conjointe est pour nous un moment d’une importance capitale, car elle est la marque de notre volonté commune d’améliorer continuellement le dialogue autour de la mise en œuvre de nos politiques et stratégies, notamment les aspects de mobilisation accrue des financements intérieurs et extérieurs, d’utilisation efficace et efficiente desdits financement», a déclaré le Ministre de l’Economie. Il ajoutera que c’est une occasion pour évaluer l’état de mise en œuvre des recommandations des revues précédentes et d’évaluer individuellement les déclencheurs convenus entre le Gouvernement et les Partenaires Techniques et Financiers.

Malgré les efforts consentis par notre pays pour maintenir la stabilité macro-économique, les inquiétudes persistent. Car, explique le Ministre, la crise de la dette souveraine risque d’impacter négativement sur les aides au développement dont nous avons encore besoin pour maintenir notre élan de croissance. Tout comme les années précédentes, le CSCRP servira de référence pour les politiques économiques, financières et sectorielles qui seront mises en œuvre en 2012-2017.

Soulignons que cette rencontre a été une occasion pour les Partenaires Techniques et Financiers de faire une annonce de 89 milliards cette année contre 84 milliards l’année dernière, soit une augmentation de 6%. A la fin des travaux, le Ministre de l’Economie a manifesté sa satisfaction quant à la qualité des échanges et à la pertinence des recommandations formulées.
Oumar KONATE